Le Signe vu sous ses aspects historiques, artistiques,
conceptuels, religieux et symboliques.

 

Agrapeille :


Outil de préhension en forme de vulve utilisé au Moyen-âge par les jeunes filles cherchant mari, et qui, le soir du feu de la Saint-Jean, s’en munissaient pour “agripper” les jeunes gens de leur choix, de gré ou de force. La jouvencelle tenait l’outil à deux mains, s’approchait du jeune homme visé, ouvrait en grand la“mâchoire” de l’agrapeille, la lui passait autour de la taille, refermait et tirait vers elle. Evidemment il s’agissait d’un geste rituel réservé aux jeunes filles en âge de se marier et n’ayant pas de prétendants. Le jeune homme choisi pouvait se rétracter, mais les forces magiques qu’on prêtait à l’outil l’en dissuadaient. Aussi ce rituel était-il suivi la plupart du temps d’un mariage qui se contractait à la fin de l’été, après les moissons. (On retrouve des traces de cette pratique jusque dans le monde celtique).

 

 


Instruments à lisser les poils pubiens (féminin):

Menacé de se trouver sans emploi :
l’épilation généralisée qui déferle
actuellement sur les monts de Vénus
risque fort de plonger l’humanité
dans un monde sans poils à lisser.
(Voir La razzia du Grand Glabre,
Éditions de la Pâte-à-histoires, 2009.)

 

 

 

 

 

 

Fragments du mur de Berlin :
Extraction réalisée en 1989 par Audemar

.

De l'oviparité à la viviparité :
Naissance des vulves


.



 

 

Moulin à prière Népalais:

Les femmes qui veulent éloigner d’elles la stérilité le font tourner en invoquant la déesse Kâlî. Elles jettent à l’intérieur du moulin, par les orifices ogiviques, des boutons de fleurs jaunes et rouges.

 

 

 

 

 



 

De Baubô à Baubô* La vulve mythique



Baubô c’est une femme qui exhibe ostensiblement sa vulve pour dire à l’homme : voilà d’où tu viens, voilà où tu retourneras.
*Nouvelle édition ©2008

 

 

 

 

Signalisation routière


La voie est au centre.

 

 

 

 

 

 

 

 


Travail comptant 80 graphismes + 27 peintures rupestres + 232 pièces  en pierres, bronze, os, ivoire, terre cuite et bois. Réalisation: 2007-2008.

De tous les êtres vivants sur terre, l’homme est le seul capable de créer des symboles. Le premier symbole inventé par l’homme, il y a plus d’un million d’années, est un signe, le signe de la vulve. Aussi peut-on dire que l’humanité est née d’un signe, et que de ce signe est né le sacré. Ce signe est en même temps fondateur d’un système, le système matriarcal. Toutes les sociétés primitives, depuis le paléolithique moyen jusqu’à la fin du néolithique, ont été régies par les femmes, parce que les femmes étaient perçues comme des déesses en tant que donneuses de vie et nourricières. Le signe, qui symbolisait cette suprématie sans violence, était présent partout. Gravé sur les arbres, sur la roche, sur l’os, sur l’ivoire. On le trouve encore aujourd’hui chez la plupart des sociétés tribales. C’est peut-être ce qui a inspiré ce mot à Pierre Bourgeade: “Si on dévissait le crâne d’un homme, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, on y trouverait le sexe de la femme”.

Lecture audio



Signes graphiques :

Les signes qui symbolisent la vulve depuis les temps préhistoriques jusqu’à aujourd’hui présentent des graphismes répertoriés en 10 catégories:
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À PROPOS DU SIGNE DE LA VULVE

Cet article est en cours de rédaction.


Il s’agit pour l’instant de poser les premières données qui puissent répondre à quelques unes des interrogations de certaines personnes ayant rencontré ce signe sur leur chemin. Leur dire en premier lieu qu’il ne s’agit ni de vandalisme, ni l’oeuvre d’une secte occulte, ni quoique ce soit dans ce genre. Il s’agit d’un travail performatif (que j'appelle «ACTE COMMIS») dont le but est d’amener le regard contemporain à se confronter au plus ancien signe qu’ait gravé l’homme du paléolithique. Car ce signe n’est pas de mon invention, il existait déjà il y a des centaines de milliers d’années. Il représente la vulve, et symbolise à la fois la femme, la matrice, la fécondité, la Terre Mère, et peut-être était-il aussi l’emblème des systèmes matriarcaux qui ont régis les sociétés primitives jusqu’à “la révolution” néolithique (9000 av. notre ère). Pendant plus d’un million d’années ce signe se rencontrait partout dans le monde, gravé sur la pierre, l’ivoire, l’os, le bois... il n’a commencé à disparaître qu’avec l’arrivée du patriarcat, et des premiers monothéismes qui en sont issus. Du moment où l’homme a pris le pouvoir, il s’est employé à effacer tous les symboles qui pouvaient rappeler la suprématie de la femme. La femme, qui avait été portée à la déification pendant plus d’un million d’années, s’est trouvée reléguée à un rang inférieur, parfois jusqu’à des niveaux abyssaux. Quand on pense que le christianisme a mis des siècles pour admettre que la femme avait une âme...
Ce signe a donc jouer un rôle dans la préhistoire et l’histoire de l’humanité. Il était intéressant de le faire réapparaître et d’observer quelles allaient être les réactions des hommes et des femmes d’aujourd’hui face à sa présence. Mon travail ne s’attache à rien d’autre qu’à ça.

Ce qui m’intéresse, au fond, c’est tout ce qui touche aux aspects symboliques, mythiques et anthropologiques à partir d’un signe qui, bien que réduit à sa plus simple expression: trois traits, n’en interpelle pas moins le regard, et parfois puissamment.
Comme on peut le voir dans le présent site (chapitre 3 du Signe de la vulve), j’ai choisis plusieurs modalités pour faire réapparaître ce signe, je l’ai placardé, peint, dessiné, composé, gravé...

La première réaction d’ampleur qui s’est manifestée est venue du Conseil Général de l’Ariège sous la forme d’une plainte pour: «dégradation ou déterioration légère d'un bien par inscription, signe ou dessin». A suivi une première convocation en gendarmerie. On m’a demandé si j’étais l’auteur de ces signes. Pourquoi les avoir fait, etc... J’ai exposé les choses comme ci-en haut. Une deuxième convocation m’a mis en face d’une question: «Acceptez-vous d’effacer ces signes?» Ce à quoi j’ai répondu catégoriquement par la négative. La troisième convocation, au Palais de Justice de Foix, était un “rappel à la loi”, arrêt des poursuites du Parquet et engagement pour moi de ne pas récidiver. Sinon c’était le tribunal et une amende.

D’autres réactions, individuelles et collectives ont émergé ici et là. Notamment sur un forum que j’invite à aller voir: "Vandalisme ?"
Là, évidemment, on est plus proche de l’invective et de l’anathème que de la critique. Peut-être parce que la critique demande un effort de compréhension, et qu’il est bien plus aisé de juger, de condamner avec des propos qui parfois laissent sourdre de la haine ou du ressentiment. C’est facile à un autre titre: on est caché derrière son écran d’ordinateur, on peut tout dire, nul courage n’est nécessaire.
Il y a eu, depuis trois ans que je travaille sur le signe de la vulve, une seule personne qui est venue me voir chez moi pour me dire les choses en face. C’était un homme d’environ 40 ans, se disant randonneur et que le signe de la vulve dérangeait particulièrement. Nous avons pu parler, lui pour dire qu’il trouvait cette appropriation de la montagne abusive, déplacée, condamnable, que tout ça n’était que du “n’importe quoi”, etc... Moi pour expliquer quel était le sens de mon travail. Mais la passion l’a vite emporté chez mon interlocuteur. “S’il y avait un acide pour les faire disparaître, tous ces signes...”. Inutile de poursuivre, l’homme était campé dans ses positions de négation, et mon travail ne consiste pas à essayer de convaincre ou de convertir, il consiste à observer les réactions, à les noter, et à en faire quelque chose qui puisse être vu et lu par tout le monde et qui ramene au sens de ce signe.  
Ce qui me frappe au premier chef dans ces réactions, c’est que ceux qui parlent «d’appropriation abusive» se comportent eux-mêmes en propriétaire: comme si j’etais venu piétiner leur propre jardin. Or la montagne appartient à tous. En même temps elle n’est à personne. Pourtant les bergers y font paître leurs troupeaux, y érigent leurs cabanes, leurs orris, y alignent leurs clôtures, leurs barbelés...
- EDF y construit ses barrages, y plante ses pylônes, y greffe ses centrales et ses conduites d’eau à perte de vue...
- le génie civil y capte l’eau des sources, des torrents, des étangs...
- les mineurs d’antan y éventraient le sol pour y puiser du minerais et, pour l’acheminer, construisaient des téléphériques dont il reste encore les gigantesques structures rouillantes...
- les chasseurs y tuent du gibier tandis que les pécheurs traquent ce qui reste de poissons dans les étangs...
- les forestiers tronçonnent les forêts en rondins, tandis que d’autres replantent...
- les baliseurs font des traits de peinture rouge et jaune sur les rochers et les arbres... qui avec l'érosion se répandent dans la terre, puis les fibres des végétaux, puis dans la panse des herbivores qui broutent ces végétaux, puis dans notre ventre qui mange ces herbivores bovins, ovins, caprins...
- les randonneurs élèvent des cairns,
- les communes et l’État bâtissent des refuges pour les randonneurs, créent des routes asphaltées, des chemins de terre, des fossés...
- et les randonneurs, eux, élèvent des cairns, font du feu, piétinent inlassablement les sentiers, campent où bon leur semble et laissent parfois dans leur sillage quantité de déchets...(papier-cul souillé, kleenex, boîtes de conserve, canettes, bout filtre de cigarettes...)
Oui, la montagne appartient à tous. Reste à savoir qui la respecte. Certains regards n’aiment pas les barrages, ni les pylônes, ni les conduites d’eau qui dépareillent le paysage. Pourtant ils sont bien contents d’avoir l’électricité dans leur maison, ainsi que l’eau courante au robinet. D’autres pestent contre les déchets laissés par des négligents, mais eux-même roulent en 4x4 toute l’année. D’autres s’insurgent contre les clôtures et les bouses, mais sont bien heureux de déguster un steack à leur table. Bon, mais ce n’est pas le lieu ici de faire la liste des contents et des mécontents, des pour ceci et des contre cela.
Je reviens aux signes gravés sur la roche par moi. En quoi nuisent-ils? Nuisent-ils à la faune? Non, le bouquetin, la buse ou la marmotte s’en moquent. Nuisent-ils à la flore? Non. Les rhododendrons et les genévriers n’en ont que faire. Nuisent-ils à l’eau? Nuisent-ils à l’air? Nuisent-ils à la terre? Non. Ils ne nuisent objectivement à aucun élément de la nature. La seule nuisance qu’on peut éventuellement leur imputer est à l’encontre de l’oeil humain. Mais c’est précisément pour ça qu’ils ont été gravés. C’est à l’humain qu’ils s’adressent, pour interpeler son regard. Et le moins qu’on puisse dire est qu’ils remplissent leur fonction. Qui aurait pu croire qu’un petit signe fait de trois traits, c’est-à-dire une figure réduite à sa plus simple expression, puisse à ce point déclencher les foudres de la gent promenante? Ce qui va être intéressant d’observer, de décrypter, c’est quel est l’élément qui dérange. Est-ce le signe lui-même, symbole du féminin, de la matrice, de la fécondité? Ou est-ce simplement le fait qu’il y ait une entaille de 1cm de profondeurs sur des rochers? Y aurait-il les mêmes réactions si le signe était un rond, ou un carré? Je n’en sais rien pour l’instant. Peut-être faudra-t-il en débattre (mais sérieusement, pas avec l’écume aux lèvres). Je suis prêt à ce débat. Je suis disposé à la discussion. Non pas pour m’excuser ou me disculper s’il y avait à s’excuser ou à se disculper car je revendique ce travail, je l'assume et le tiens pour valable, mais pour expliquer. Sans chercher à tout prix à convaincre. Après tout c’est compréhensible que ce signe puisse déranger des gens. Mais il y a bien d’autres travaux qui dérangent de par le monde, pas seulement dans la petite sphère artistique. Alors on s’insurge, on fait quelques procès et le temps finit par ajouter la chose au patrimoine.
Je voudrais renvoyer l’internaute à un texte majeur de Saint Exupéry qui est susceptible d’élever le débat.

J'ai surtout fait allusion aux mécontents dans les derniers paragraphes. Il ne faut cependant pas croire qu'il n'y a que des grincheux, il y a tout autant des gens qui s'intéressent à ce travail et qui viennent m'en parler, m'envoie des courriels, ou comme cette randonneuse qui m'écrit après chacune de ses sorties en montagne pour dire "ah, j'ai rencontré 4 signes en montant au port d'Aula", comme si ces rencontres ajoutaient au charme de la promenade.
Ce qui veut dire que la présence de ce signe ne fera jamais l'unanimité, et ne cherche pas à la faire. Il a quelque chose à dire à chacun. Mais chacun l'entend avec sa propre oreille, la voit avec son propre regard. Et tout ces sons de cloche m'intéressent, ils constituent l'autre moitié de ce travail.

Depuis que cet article est commencé, une autre tranche de travail a été entamée et consiste à déposer 347 pierres gravées dans les 347 communes que comptent le département de l'Ariège. Là aussi j'ai eu des échos interrogateurs. D'abord dire que cette série de déposes s'inscrit dans la continuité de mon travail: faire se confronter le signe millénaire de la vulve au regard contemporain. Pour plus de détails je renvoie à ce lien: ACTE 14 bis:
Déposer 434 pierres vulvaires dans les 332 communes du département de l’Ariège.

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