.

  Pendant une quinzaine d’années je n’ai pas quitté mon atelier. Mon espace de création est resté confiné entre quatre murs et un toit. Ce qui a changé, en 2007, c’est quand j’ai décidé que désormais mon atelier serait le monde, c’est-à-dire partout où je me trouverais à tel ou tel moment choisi. Dans ces lieux à ciel ouvert, que ce soit au milieu d’une forêt, au sommet d’une montagne ou au coeur d’une ville, j’ai commis des actes. Ou si on préfère, pour parler comme tout le monde, j’ai "fait des performances". L’une d’elles a consisté à graver un signe : le signe de la vulve, aussi bien sur des arbres que sur des rochers, et sur d’autres supports qui se présentaient. Non pas pour faire oeuvre de graveur mais pour tenter de faire émerger ce que peut nous dire aujourd’hui le contenu symbolique d’un signe vieux d’un million d’années. Et quel regard va-t-on porté sur sa présence. C’est donc avant tout un travail expérimental. Il y avait aussi un désir de se rapprocher de ce lointain ascendant du paléolithique dont je suis séparé par des milliers de générations. Et essayer de décrypter quelles pouvaient être ses motivations quand, avec une pointe de silex, il s’escrimait à graver ce signe sur une roche? Quel sens avait ce geste pour lui? Quelle part d’esthétique, de magie ou de religieux faisait mouvoir sa main? Autant dire qu’il s’agit là d’une exploration en territoire inconnu, aussi bien à l’extérieur, dans des sentiers faits de terre et de pierres, qu’à l’intérieur, dans les couches de mon cerveau où sont enfouis des sédiments qui remontent à l’aube du pléistocène.


Lecture audio

Les matériaux “actes commis” se déclinent en 16 actes commis :

Haut de page